Le coing est le fruit du cognassier, (Cydonia oblonga) arbre originaire du Moyen-Orient de la même famille que le pommier et le poirier. Il est également appelé “pomme d’or”, à cause de sa couleur jaune doré lorsqu’il est mûr, ou “pomme de Cydonie”, ville de Crête où les cognassier étaient cultivés dans l’antiquité. Sa forme est un peu plus allongée que celle de la pomme, mais moins que celle de la poire. Et contrairement à ces dernières, un fin duvet recouvre le fruit.
LA POMME DE LA DISCORDE
Dans la mythologie grecque, le coing, ou “pomme d’or”, est à l’origine d’une célèbre guerre.
Lors du mariage de Pélée et de la néréide Thétis, tous les dieux de l’Olympe furent invités, à l’exception d’Eris, déesse de la discorde. Pour se venger, celle-ci plaça une pomme d’or portant l’inscription “ pour la plus belle” dans le banquet, provoquant la dispute des trois plus belles Déesses : Héra, Aphrodite et Athéna. Afin de ne pas envenimer la situation, Zeus chargea Pâris, prince de Troie, de les départager. Pâris offrit la pomme d’or à Aphrodite, qui le remercia en l’autorisant à enlever Hélène, femme du roi Ménélas de Sparte, déclenchant ainsi la guerre de Troie.
LE COING CÔTÉ MÉDICINAL
Du point de vue médicinal, le coing est un très bon antidiarrhéique grâce à sa teneur en tanins et aux pectines qu’il contient. Les tanins sont des polyphénols qui ralentissent les contractions de l’intestin et ont un effet antiseptique. Les pectines quant à elles protègent les cellules de l’intestin. Il est donc idéal pour les enfants, même en bas âge et les personnes âgées, affaiblies ou convalescentes.
La présence de tanins et de fibres dans ce fruit sont aussi des facteurs afin de réduire les risques de cancer du côlon et du système digestif.

Ses pépins sont riches en huile et en mucilages, (substances végétales qui au contact de l’eau gonflent et prennent une texture visqueuse.). Ils étaient utilisés autrefois comme collyre, ou pour apaiser les engelures et les gerçures. Mais également pour préparer la bandoline, un gel utilisé au XIXe siècle pour lisser les cheveux des dames et fixer leurs coiffures.
La préparation est simple : faites bouillir 5 min une cuillère à soupe de pépins de coing ( environ 2 coings) dans 250 ml d’eau, et laissez refroidir. Le gel obtenu vous servira aussi bien de gel coiffant, que de gel pour apaiser engelures et gerçures!
LE COING DU POINT DE VUE NUTRITIF ET ALIMENTAIRE
Le coing est un fruit peu calorique : environ 57 calories pour 100 g.
Qui contient peu de glucides : environ 13 g de glucides pour 100 g.
Riche en fibres : insolubles, (cellulose et lignine notamment) et solubles (pectines, qui favorise la sensation de satiété.)
en polyphénols : tanins, caroténoïdes
En vitamines : pratiquement toutes les vitamines du groupe B, les vitamines E et C, qui sont antioxydantes.
En minéraux et oligo-éléments : potassium, phosphore, magnésium, calcium, sodium, iode, zinc, fer.

Comment le choisir ?
À maturité, le fruit est de couleur jaune vif. Il est recouvert d’un léger duvet. Il doit être bien charnu, ferme et parfumé.
Comment le conserver ?
Pendant plusieurs semaines dans le bac à légumes du réfrigérateur ou dans un lieu frais.
RECETTES
LA SUCRÉE : LE COTIGNAC
Spécialité d’Orléans, le Cotignac est une pâte de coing aux épices qui tire son nom d’une ville… du Var. Ce serait un apothicaire originaire de ce village qui se serait installé à Orléans, important sa recette, qui devint par la suite une spécialité culinaire de la ville.
La recette a évolué dans le temps, s’éloignant de la recette d’origine. Voici donc la recette telle qu’elle a pu être exécutée au Moyen-Âge.

Ingrédients
1 kg de coings
750 g de miel
75 cl d’hypocras (ou à défaut du vin rouge)
5g de gingembre frais en rondelle ou rapé ( ou 1/2 c à c de gingembre en poudre)
1 bâton de cannelle (1/2 c à c de cannelle en poudre)
3 gousse de cardamome (ou 1/2 c à café de cardamome en poudre)
1 pincée de noix de muscade en poudre
Préparation :
Lavez, retirez le duvet et coupez les coings en cube après avoir retiré le cœur et les pépins. (Les éplucher uniquement s’ils ne sont pas bio.) Mettez la moitié des trognons et des pépins dans une gaze bien fermée.
Faites chauffer dans une casserole l’hypocras (ou le vin rouge) et ajoutez le coing, les épices et la gaze contenant les pépins juste avant ébullition. Laissez cuire à feu moyen durant une heure environ, en surveillant en fin de cuisson que le mélange n’attache pas dans le fond de la casserole. Retirez du feu avant s’il n’y a plus suffisamment de liquide.
Avant de réduire les cubes de coings en purée avec une fourchette (ou un écrase purée), ôtez les épices, puis réservez. Dans une autre casserole, portez à ébullition le miel en écumant régulièrement. Mélangez la purée de coings et le miel puis portez à nouveau à ébullition sur feu doux jusqu’à réduction de la moitié du miel environ.
La pâte de coing terminée peut maintenant être disposée sur une plaque jusqu’à complet refroidissement. Une fois froide, découpez en cubes ou en bande que vous roulerez dans du sucre pour éviter que les morceaux ne collent aux doigts.
LA SALÉE : TARTE AU POTIMARRON, AUX COINGS ET AU BLEU
Ingrédients:
Pâte à l’huile d’olive:
250 g de farine bio semi-complète
125 ml d’eau
6 cuill. à soupe d’huile d’olive
1 cuill. à café rase de levure chimique
une bonne pincée de sel
Garniture :
2 coings
400 g de potimarron
80 g de bleu (selon vos préférences : Bresse, Fourme d’Amber, Roquefort…)
une cuillère à café de 4 épices
Préparation :
Pour la pâte à l’huile d’olive :
Versez tout d’abord la farine, la levure et le sel dans un saladier et mélangez. Puis creusez une fontaine dans la farine et versez l’eau et l’huile d’olive. Pétrissez vivement, formez une boule et laissez reposer la pâte une demi-heure.
Pour la garniture :
Coupez le potimarron en 4, épépinez le, et mettez le de coté. Si les coing sont bio, essuyez les afin d’ôter le duvet qui les recouvre, sinon, épluchez les, puis coupez les en quatre. Faites cuire à la vapeur 15 min environ le potimarron et les coings afin de les attendrir. Une fois refroidis, vous pouvez éplucher le potimarron, ôter le cœur et les pépins des coings et couper le potimarron et les coings en lamelles.
Montage :
Avant de monter la tarte, mettez le four à chauffer à 210 °C. Sur un plan de travail fariné, étalez la pâte sur 2 mm d’épaisseur. Beurrez le moule à tarte, et déposez la pate, en veillant à ce que la pâte déborde régulièrement du bord , et piquez la surface de la pâte avec une fourchette. Disposez les lamelles de potiron et de coing en les alternant et en les serrant bien. Coupez en petits dés le fromage, et en parsemer la tarte. Enfin laissez cuire au four à 210°C pendant 30 à 40 minutes (selon le four). La tarte est cuite lorsque les légumes sont bien grillés et la pâte bien dorée.
Bon appétit!
