Nous nous attarderons aujourd’hui sur l’usage local du millepertuis avec l’huile de millepertuis. Ou plus exactement, le macérât huileux, aussi appelé macérat solaire. En effet, le millepertuis n’est pas une plante dont on peut extraire de l’huile ! En revanche, on peut extraire ses principes actifs en la laissant macérer dans de l’huile (comme le calendula, l’arnica ou le plantain).
Le millepertuis, côté botanique
Le millepertuis, “hypericum perforatum”, est une plante herbacée vivace originaire d’Europe, d’Asie occidentale et d’Afrique du Nord. Il est très commun dans les lieux secs et incultes, le long des routes et des chemins en lisière de bois.

Ses fleurs, visible tout l’été, sont composées de 5 pétales jaune d’or délicatement ponctuées de noir sur le bord, et groupées au sommet des tiges. Ses feuilles sont petites, ovales, et possèdent un limbe vert foncé ponctué de poches translucides sécrétrices d’huiles essentielles. Elles donnent l’impression de multiples petits trous (ou pertuis), lorsque l’on regarde la feuille par transparence à contre-jour (d’où le nom de millepertuis, mille trous).
On l’appelle aussi “herbe de la Saint-Jean”, car selon la tradition, il est récolté le 24 juin, jour de la fête de saint Jean le Baptiste. On le nomme également “chasse-diable” : en effet, entre l’époque Gallo-romaine et le Moyen-Age, les paysans prêtaient au millepertuis des pouvoirs magiques et en accrochaient aux portes des granges pour chasser mauvais esprits et démons.
Le millepertuis, côté médicinal

Au niveau médicinal, le millepertuis est connu dès l’antiquité pour ses propriétés cicatrisantes et anti névralgique, comme l’attestent les écrits de Pline l’Ancien, Dioscoride, Théophraste ou Galien. Au Moyen-Âge il était également réputé pour traiter la mélancolie. Son utilisation est aujourd’hui reconnue par l’OMS, et cliniquement établie par voie orale dans le traitement des dépressions légères à modérées, et en usage local pour soigner les irritations, les petites plaies, les brûlures légères et les infections virales de la peau.
Le macérât huileux de millepertuis
Reconnaissable à sa couleur rouge, le macérât huileux de millepertuis a des propriétés antalgiques, anti-inflammatoires, assouplissantes et régénérante de la peau qui en font un allié idéal en cas de coups de soleil, de brûlures légères ou d’irritations.

Toujours grâce à son action fortement anti-inflammatoire (en raison de sa teneur en hypéricine), il est également efficace contre les douleurs névralgiques et articulaires.
Il peut s’employer seul, ou en mélange avec des huiles essentielles pour optimiser ses vertus selon l’usage que l’on veut en faire, comme les huile essentielles de lavande aspic, de matricaire et de géranium bourbon pour les coups de soleil et les brûlures légères ou les huiles essentielles de gaulthérie et de lavandin super pour les névralgies et les douleurs articulaires.
ATTENTION ! Le macérât huileux de millepertuis est photosensibilisant !!! Ne surtout pas s’exposer au soleil pendant 12h après l’avoir appliqué sur la peau sous peine de brûlure !

Le macérât huileux de millepertuis : comment le faire soi-même ?
La cueillette se fait vers mi-juin fin juin, traditionnellement entre le 21 et le 24 juin, entre le solstice et la St Jean, si l’on est superstitieux.
Pour obtenir environ 250 ml d’huile environ, il faut cueillir une grosse poignée de sommités fleuries, suffisamment pour remplir un bocal de 350 ml en les tassant. Couvrir d’huile de préférence de tournesol*, ou à défaut d’olives*, et laisser le bocal dans un endroit bien exposé au soleil pendant un mois.

Il ne reste plus qu’à filtrer l’huile avec un tissu propre en exprimant bien les plantes, et de la mettre dans un flacon opaque… La voilà prête à l’emploi ! Elle se conserve à l’abri de la lumière dans un endroit frais (environ 20°) durant un an environ.
*toujours privilégier de l’huile bio, pression à froid.
